L'innovation ne peut pas se permettre d'attendre la formation d'un gouvernement.
À propos des éoliennes et d'autres nouvelles technologies.
« Nous devenons plus prospères en devenant plus intelligents. » C'est un cliché. Pourtant, les start-ups innovantes à Bruxelles le confirment chaque jour. Alors que nous sommes désormais familiers avec des panneaux solaires rentables sur nos toits, une entreprise bruxelloise lance des éoliennes compactes que l'on peut installer en ville, sur les toits : sans pales, sans ombre portée, sans vibrations et sans bruit. À peine 1,5 mètre de haut. Pas plus haut qu'une cheminée. Une énergie 100 % durable. « S'il n'y a pas de soleil, il y a probablement du vent », ont-ils dû se dire. L'énergie éolienne n'allait pas de soi en milieu urbain. Mais l'innovation paie.
L'entreprise frappe à la porte du monde politique. « Nous voulons déployer nos éoliennes à Bruxelles. Il suffit, comme pour les panneaux solaires, de prévoir une exemption de permis d'urbanisme pour les éoliennes compactes. »
Mais la modification tarde à venir. Ce n'est pas à la politique de juger si ces éoliennes compactes sont rentables. Ce sont les entrepreneurs qui doivent en faire l'expérience eux-mêmes (market tested betterment). Il est demandé au gouvernement d'adapter la législation. Certes, les pouvoirs publics pourraient aussi appliquer eux-mêmes les innovations des start-ups dans lesquelles ils investissent, par exemple en testant ces éoliennes compactes sur les toits de logements sociaux. On appelle cela l'innovation procurement. Mais adapter la loi serait déjà un grand pas.
J'ai déposé une résolution demandant au gouvernement d'adapter l'arrêté d'exemption. Pourtant, cela ne devrait pas dépendre d'une initiative parlementaire individuelle. Les acteurs publics qui pilotent l'innovation (Innoviris.brussels, hub.brussels – l'agence bruxelloise pour l'entrepreneuriat, finance&invest.brussels, CityDev) doivent anticiper ce type d'évolution.
Ce n'est pas un cas isolé. Depuis plusieurs années, je visite des entreprises bruxelloises. Des entreprises très innovantes. Une entreprise qui construit des unités modulaires pour la capture du carbone ; une entreprise IT qui développe des applications logicielles pour calculer la performance énergétique des bâtiments ; des ingénieurs qui conçoivent des capteurs pour détecter les chutes dans les maisons de repos ; une entreprise qui installe à grande échelle des panneaux solaires sur les toits bruxellois ; une entreprise qui a développé une technologie pour détecter les fuites d'eau. Je pourrais continuer. Sur la mobilité partagée, sur l'alimentation. Sur la transformation des déchets verts en énergie via la pyrolyse, le recyclage d'équipements médicaux, des capteurs pour surveiller l'usure des bâtiments, des ponts et des tunnels, la réalité virtuelle pour aider des travailleurs absents de longue durée à reprendre le travail, des matériaux de construction durables, l'urban mining, le recyclage de gobelets dans les stades de football, la participation citoyenne via des plateformes en ligne, … Mes excuses aux entrepreneurs que j'oublie ici.
Nous devenons plus prospères en devenant plus intelligents. Grâce à l'innovation. Le talent est bien présent à Bruxelles. Ce qui manque : un gouvernement qui anticipe. La technologie et l'innovation n'attendent pas la formation d'un nouveau gouvernement.